Comment est calculée la cotisation d’assurance auto

# Comment est calculée la cotisation d’assurance auto

Chaque année, des millions d’automobilistes français reçoivent leur avis d’échéance d’assurance auto et se posent la même question : pourquoi ce montant précisément ? Derrière le chiffre inscrit sur votre facture se cache un mécanisme complexe de calcul actuariel qui agrège des dizaines de variables. Contrairement aux idées reçues, les assureurs ne fixent pas leurs tarifs de manière arbitraire : ils s’appuient sur des modèles statistiques sophistiqués qui évaluent la probabilité et le coût potentiel des sinistres. Comprendre ces mécanismes permet non seulement de décrypter votre propre cotisation, mais aussi d’identifier les leviers pour optimiser votre budget automobile. La tarification d’une assurance auto résulte d’un équilibre subtil entre mutualisation des risques et personnalisation tarifaire, entre obligations réglementaires et stratégies commerciales des compagnies. Dans un secteur où les écarts de prix peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros pour un même profil, la transparence sur les critères de tarification devient essentielle pour tout conducteur averti.

Les critères tarifaires du profil conducteur analysés par les assureurs

Le profil du conducteur constitue le premier pilier de la tarification automobile. Les assureurs considèrent que le comportement humain au volant représente le facteur le plus déterminant dans la survenance des accidents. Cette analyse du risque conducteur s’appuie sur plusieurs dimensions complémentaires qui dessinent un portrait statistique de votre probabilité d’être impliqué dans un sinistre. Chaque élément de votre situation personnelle alimente un algorithme de scoring qui positionne votre profil sur une échelle de risque.

L’impact de l’âge et de l’ancienneté du permis sur la prime d’assurance

L’âge du conducteur et l’ancienneté du permis de conduire figurent parmi les critères les plus discriminants. Les statistiques démontrent sans ambiguïté que les jeunes conducteurs, titulaires de leur permis depuis moins de trois ans, présentent un taux d’accidents jusqu’à quatre fois supérieur à celui des conducteurs expérimentés. Cette réalité actuarielle justifie l’application d’une surprime pouvant atteindre 100% de la cotisation de base pour un conducteur novice. Cette majoration diminue progressivement avec l’expérience : après un an sans sinistre responsable, la surprime passe généralement à 50%, puis à 25% la deuxième année, avant de disparaître complètement au terme de la troisième année. À l’autre extrémité du spectre, les seniors de plus de 70 ans peuvent également voir leur cotisation augmenter, bien que cette pratique soit désormais encadrée pour éviter les discriminations liées à l’âge. L’ancienneté d’assurance continue, même sans être propriétaire du véhicule assuré, permet également de valoriser l’expérience acquise.

Le coefficient de réduction-majoration ou bonus-malus

Le système de bonus-malus, officiellement appelé coefficient de réduction-majoration (CRM), constitue le mécanisme réglementaire qui ajuste automatiquement votre cotisation en fonction de votre sinistralité. Ce dispositif légal fonctionne selon un principe simple : chaque année sans accident responsable vous fait bénéficier d’une réduction de 5% de votre coefficient, tandis qu’un sinistre responsable l’augmente de 25%. Le coefficient de départ est fixé à 1,00 pour tout nouvel assuré. Après une année sans sinistre, il passe à 0,95, puis 0,90 l’année suivante, jusqu’à atteindre le plancher de 0,

0,50 après treize années consécutives sans sinistre responsable. À l’inverse, un accident totalement responsable fait remonter ce coefficient (par exemple de 0,68 à 0,85), ce qui se traduit immédiatement par une hausse de la cotisation d’assurance auto. Les sinistres partiellement responsables entraînent une augmentation plus modérée. Ce mécanisme de bonus-malus est strictement encadré par le Code des assurances, ce qui signifie que, d’une compagnie à l’autre, les règles de calcul du coefficient restent identiques, même si le tarif de base peut, lui, varier.

Concrètement, votre prime de référence est multipliée par votre CRM pour obtenir la cotisation à payer. Un conducteur avec un bonus maximal (0,50) ne paiera donc que la moitié de la prime de référence, toutes choses égales par ailleurs. À l’inverse, un assureur peut appliquer un malus pouvant aller jusqu’à 3,50 en cas de sinistralité très importante, ce qui multiplie alors par plus de trois le tarif de base. C’est pourquoi il est essentiel de déclarer tous les sinistres à votre assureur et de suivre régulièrement votre relevé d’informations, afin de vérifier la bonne application de votre bonus-malus et anticiper l’évolution de votre cotisation d’assurance auto.

L’historique des sinistres et déclarations de résiliation

Au-delà du bonus-malus, les assureurs analysent très finement votre historique de sinistres sur les cinq dernières années. Ils ne regardent pas seulement le nombre d’accidents, mais aussi leur nature (corporel, matériel, vol, bris de glace, incendie, catastrophe naturelle) et votre degré de responsabilité. Deux conducteurs ayant le même coefficient de réduction-majoration peuvent se voir proposer des tarifs différents s’ils ont connu des sinistres de gravité distincte ou des déclarations répétées pour de « petits » dommages.

Les assureurs accordent également une grande importance aux résiliations antérieures. Une résiliation pour non-paiement de cotisation, pour fausse déclaration ou pour aggravation du risque est considérée comme un marqueur fort de risque. Ce type d’antécédent peut entraîner l’application d’une surprime ou le refus pur et simple de souscription dans certains réseaux. À l’inverse, un historique « propre », sans sinistre responsable ni incident de paiement, constitue un véritable atout lors de la négociation de votre cotisation d’assurance auto, notamment si vous faites jouer la concurrence entre compagnies.

La profession et le lieu de résidence du souscripteur

Votre situation professionnelle et votre lieu de résidence entrent eux aussi dans l’équation tarifaire. Certaines professions sont statistiquement plus exposées au risque routier (commerciaux itinérants, livreurs, travailleurs de nuit), car elles impliquent davantage de kilomètres, parfois sur des horaires ou des axes plus accidentogènes. D’autres, au contraire, sont associées à un usage plus modéré et régulier du véhicule, ce qui peut légèrement réduire la cotisation d’assurance auto.

Le code postal de votre domicile et, plus finement, le quartier de résidence influencent également le coût de la garantie. Les zones urbaines denses, les grandes agglomérations et les secteurs où la fréquence des accidents, des vols ou des dégradations de véhicules est élevée sont considérés comme plus risqués. Résultat : à véhicule et profil identiques, un automobiliste habitant en plein centre d’une grande ville paiera généralement plus cher qu’un assuré vivant dans une petite commune rurale. Cette segmentation géographique repose sur des statistiques très détaillées de sinistralité par zone.

Le statut de conducteur principal, secondaire ou occasionnel

Lors de la souscription, l’assureur distingue généralement le conducteur principal (celui qui utilise le plus le véhicule), le ou les conducteurs secondaires déclarés, et les conducteurs occasionnels. Ce statut n’est pas anodin : il conditionne directement l’évaluation du risque et donc la cotisation d’assurance auto. Si un jeune conducteur est déclaré comme conducteur principal d’un véhicule puissant, la prime sera nettement plus élevée que s’il est ajouté en conducteur secondaire sur le véhicule d’un parent bien bonusé.

Déclarer correctement tous les conducteurs habituels est crucial. Sous-déclarer un jeune conducteur ou un utilisateur régulier pour tenter de faire baisser la prime constitue une fausse déclaration qui peut avoir de lourdes conséquences en cas de sinistre (réduction d’indemnité, voire nullité du contrat). À l’inverse, certains assureurs proposent des formules souples avec « prêt du volant » et tolèrent l’usage ponctuel du véhicule par un tiers, sans majoration, tant que cela reste occasionnel. Il est donc important de dialoguer avec votre compagnie pour choisir la configuration la plus adaptée à votre usage réel.

Les caractéristiques techniques du véhicule dans le calcul tarifaire

Deuxième grand pilier du calcul de la cotisation d’assurance auto : le véhicule lui-même. Sa valeur, sa puissance, son niveau d’équipement et même sa technologie de motorisation influencent directement la probabilité et le coût d’un sinistre. Les assureurs disposent de bases de données extrêmement précises qui répertorient, pour chaque modèle, le coût moyen des réparations, la fréquence des vols, ou encore la résistance aux chocs. Là encore, c’est une approche statistique : ce n’est pas votre voiture en particulier qui est jugée, mais la catégorie technique à laquelle elle appartient.

La puissance fiscale en chevaux-vapeur et les catégories de motorisation

La puissance fiscale (en chevaux fiscaux, ou CV) est l’un des premiers critères examinés. Les véhicules puissants, capables d’atteindre rapidement des vitesses élevées, sont statistiquement plus impliqués dans des accidents graves, notamment chez les conducteurs jeunes ou peu expérimentés. C’est pourquoi un véhicule de 10 CV sera quasi systématiquement plus cher à assurer qu’une petite citadine de 4 ou 5 CV, à garanties égales.

Les assureurs segmentent également les véhicules par catégories de motorisation : citadines, berlines, SUV, utilitaires, sportives, etc. Un coupé sportif ou un gros SUV récent présente un risque de sinistre plus coûteux qu’une citadine compacte, ne serait-ce qu’en raison du prix des pièces de carrosserie et des équipements embarqués. Si vous envisagez l’achat d’un nouveau véhicule, demander un devis d’assurance en amont permet d’anticiper l’impact concret de la puissance fiscale sur votre future cotisation d’assurance auto.

La valeur à neuf, la vétusté et la cote argus du véhicule

La valeur du véhicule au jour du sinistre constitue l’un des principaux déterminants du coût pour l’assureur. Une voiture neuve ou très récente, affichant une valeur à neuf élevée, nécessite des indemnisations plus importantes en cas de vol, d’incendie ou de destruction totale. À l’inverse, un véhicule ancien, dont la cote Argus a fortement baissé, coûte moins cher à indemniser, ce qui se reflète logiquement dans la cotisation d’assurance auto.

Certains contrats prévoient des garanties spécifiques de « valeur à neuf » pendant les 12, 24 voire 36 premiers mois, ou de « valeur majorée » (par exemple 110% de la valeur de remplacement). Ces options renforcent votre protection financière en cas de sinistre total, mais augmentent mécaniquement le montant de la prime. La vétusté est également prise en compte pour les dommages partiels : plus votre véhicule vieillit, plus la base de remboursement des pièces peut être ajustée, ce qui peut, à terme, modérer l’évolution de la cotisation, toutes choses égales par ailleurs.

Les dispositifs de sécurité active et passive homologués

Les équipements de sécurité jouent un rôle de plus en plus important dans la tarification. On distingue la sécurité passive (airbags, ceintures avec prétensionneurs, structure renforcée) qui limite la gravité des blessures, et la sécurité active (ABS, ESP, radar de recul, freinage automatique d’urgence, aide au maintien dans la voie) qui contribue à éviter les accidents. Plus votre véhicule est doté de dispositifs de sécurité performants et homologués, plus l’assureur peut considérer que le risque de sinistre grave est réduit.

Concrètement, certains assureurs accordent de légères remises aux véhicules équipés d’alarme homologuée, de traqueur anti-vol ou de systèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS). L’installation d’un dispositif de géolocalisation peut également faciliter la récupération d’un véhicule volé, ce qui pèse favorablement dans le calcul de la cotisation d’assurance auto. À l’inverse, l’absence d’anti-démarrage ou de verrouillage centralisé sur un véhicule stationné en zone sensible peut constituer un facteur de majoration.

Le type de carburant : thermique, hybride ou électrique

Avec la transition énergétique du parc automobile, le type de motorisation est devenu un paramètre à part entière. Les véhicules électriques et hybrides rechargeables affichent souvent un prix d’achat plus élevé, ce qui augmente a priori le coût potentiel d’indemnisation. Toutefois, ils bénéficient parfois de politiques tarifaires incitatives, car ils sont associés à un usage plus urbain, plus régulier et à une image de conduite « apaisée ».

Les véhicules diesel de forte cylindrée, fréquemment utilisés pour de longs trajets, peuvent présenter une sinistralité différente de celle des petites motorisations essence destinées à un usage urbain. Les assureurs intègrent également dans leurs modèles le coût spécifique de certaines réparations (batteries haute tension, systèmes de dépollution complexes, etc.). Selon votre profil d’usage, le choix entre thermique, hybride ou électrique peut donc légèrement influer sur le niveau de votre cotisation d’assurance auto, même si d’autres critères restent plus déterminants.

Les formules de garanties et leur pondération tarifaire

Une fois le profil du conducteur et les caractéristiques du véhicule analysés, le troisième levier de calcul concerne le niveau de protection que vous choisissez. C’est ici que votre marge de manœuvre est la plus grande : vous pouvez ajuster la formule et les options pour trouver l’équilibre entre prix et sécurité financière. Entre une assurance au tiers très basique et une formule tous risques ultra complète, l’écart de cotisation annuelle peut être considérable.

La responsabilité civile obligatoire et ses extensions

La base de toute assurance auto en France est la garantie de responsabilité civile, aussi appelée « assurance au tiers ». Elle est légalement obligatoire et couvre les dommages matériels et corporels que vous pourriez causer à des tiers en cas d’accident responsable. Cette garantie ne protège pas votre propre véhicule, mais elle représente déjà une part significative de la cotisation d’assurance auto, car les sinistres corporels graves peuvent atteindre des montants d’indemnisation très élevés.

À cette responsabilité civile de base, s’ajoutent souvent des extensions, comme la défense pénale et recours suite à accident, ou encore la responsabilité civile du conducteur pour certains usages (prêt gratuit du véhicule, covoiturage dans un cadre non professionnel, etc.). Ces extensions restent généralement peu coûteuses, mais elles améliorent nettement votre protection juridique. Elles sont presque systématiquement intégrées, même dans les formules d’entrée de gamme, car elles répondent à des besoins fréquents des automobilistes.

Les garanties dommages tous accidents et collision

Les garanties dommages au véhicule constituent le véritable « saut » tarifaire entre une formule au tiers et une assurance tous risques. La garantie « dommages tous accidents » couvre les dégâts subis par votre propre voiture, que vous soyez responsable, non responsable, ou même en l’absence de tiers identifié (sortie de route, choc avec un animal, etc.). Logiquement, en prenant en charge un grand nombre de scénarios de sinistre, cette garantie augmente sensiblement la cotisation d’assurance auto.

Certains contrats proposent une formule intermédiaire, dite « collision », qui n’intervient que si un tiers identifié est impliqué (véhicule, piéton, animal domestique). Cette couverture partielle est moins onéreuse qu’une garantie tous accidents, mais ne vous protège pas en cas de perte de contrôle seule. Le choix entre ces différents niveaux dépend notamment de la valeur de votre véhicule, de votre capacité financière à absorber un sinistre, et de votre appétence au risque. Un véhicule récent financé à crédit sera généralement mieux protégé avec une formule dommages complète.

La protection juridique et l’assistance dépannage 0 km

La protection juridique automobile vous accompagne dans la résolution des litiges liés à un accident (recours contre un tiers, contestation d’expertise, différend avec un réparateur, etc.). Elle inclut souvent un accès à des juristes, la prise en charge de certains frais de procédure et un accompagnement dans les démarches. Bien que son coût unitaire soit modéré, elle représente une brique supplémentaire dans le montage de votre cotisation d’assurance auto et peut s’avérer précieuse en cas de désaccord prolongé.

L’assistance dépannage, quant à elle, existe sous plusieurs niveaux : assistance à plus de 50 km du domicile, assistance dès 0 km, véhicule de remplacement, rapatriement des passagers, etc. Plus vous étendez le périmètre de prise en charge, plus le tarif augmente. L’option « 0 km », très appréciée, permet d’être dépanné même en bas de chez soi en cas de panne ou crevaison. Elle ajoute quelques dizaines d’euros par an à la prime, mais peut éviter des frais de remorquage élevés. Là encore, c’est à vous d’arbitrer en fonction de l’âge de votre véhicule et de vos habitudes de déplacement.

Les options vol-incendie et bris de glace

Les garanties vol, incendie, explosion et bris de glace complètent le socle de votre assurance. Elles sont souvent intégrées dans les formules « tiers + » ou « intermédiaires ». Le risque de vol varie fortement selon le modèle de véhicule et la zone géographique : certaines marques ou gammes sont beaucoup plus ciblées par les voleurs, ce qui peut alourdir la cotisation d’assurance auto si vous souhaitez une couverture vol complète (tentatives de vol, effraction, car-jacking, etc.).

La garantie bris de glace, de son côté, prend en charge la réparation ou le remplacement du pare-brise, des vitres latérales, de la lunette arrière, voire des optiques de phares selon les contrats. Comme les impacts de pare-brise sont fréquents et les remplacements coûteux, cette garantie a un poids non négligeable dans la prime. Cependant, elle permet d’éviter des dépenses immédiates importantes et contribue à maintenir la sécurité de votre véhicule. Certains assureurs modulèrent la prime selon le niveau de franchise retenu pour ces sinistres (voir plus loin).

L’usage déclaré du véhicule et le kilométrage annuel

Le quatrième facteur clé dans le calcul d’une cotisation d’assurance auto concerne la façon dont vous utilisez votre véhicule au quotidien. À profil égal, un conducteur qui parcourt 30 000 km par an sur autoroute et routes secondaires exposées ne présente pas le même risque qu’un « petit rouleur » effectuant 5 000 km annuels en milieu urbain. Les questionnaires de souscription insistent donc sur l’usage principal du véhicule et sur votre estimation de kilométrage.

La distinction entre usage privé, trajet domicile-travail et professionnel

Les assureurs distinguent classiquement trois grands usages : « privé et trajet domicile-travail », « privé exclusif » et « professionnel ». Un véhicule utilisé uniquement pour les loisirs et quelques courses locales est moins exposé qu’une voiture empruntée chaque jour pour des trajets domicile-travail sur des axes saturés. L’usage professionnel (visites de clients, tournées, livraison, etc.) augmente encore la probabilité d’accident, en raison du temps passé sur la route et parfois de la pression liée aux délais.

Déclarer un usage professionnel lorsque c’est le cas est indispensable, même si cela entraîne une hausse de la cotisation d’assurance auto. En cas de sinistre survenu dans le cadre d’un usage professionnel non déclaré, l’assureur pourrait réduire ou refuser sa garantie. À l’inverse, si votre situation évolue (télétravail accru, changement de job avec moins de déplacements), il peut être intéressant de signaler ce changement : une requalification de l’usage peut permettre d’obtenir une baisse de prime lors de la prochaine échéance.

Le forfait kilométrique et la télématique embarquée pay-as-you-drive

De plus en plus de compagnies proposent des formules adaptées au kilométrage réel. Les assurances « au kilomètre » reposent sur un forfait (par exemple 5 000, 8 000 ou 12 000 km par an) au-delà duquel une régularisation peut être appliquée. Pour les conducteurs roulant peu, ces offres permettent souvent de réduire sensiblement la cotisation d’assurance auto, à condition de respecter le plafond déclaré.

Les dispositifs de télématique embarquée – parfois appelés « Pay-as-you-drive » ou « Pay-how-you-drive » – vont encore plus loin. Un boîtier connecté ou une application mobile enregistre vos trajets, votre kilométrage réel et parfois même votre style de conduite (accélérations brusques, freinages d’urgence, respect des limitations). En échange de ces données, l’assureur peut proposer une prime plus finement ajustée, avec des remises pour les conducteurs prudents. Ce type d’offre soulève toutefois des questions de confidentialité auxquelles vous devez être attentif avant de donner votre consentement.

Le stationnement nocturne en garage fermé ou sur voie publique

Le lieu habituel de stationnement, notamment la nuit, influence lui aussi l’évaluation du risque. Un véhicule garé dans un garage fermé ou un parking sécurisé sera statistiquement moins exposé aux vols, aux tentatives d’effraction et aux dégradations qu’une voiture laissée en permanence sur la voie publique. Cette différence de niveau de risque se traduit très concrètement dans le calcul de la cotisation d’assurance auto, en particulier pour les garanties vol et vandalisme.

Les assureurs prennent également en compte la nature du quartier (résidentiel, centre-ville, zone industrielle), ainsi que la présence éventuelle de dispositifs de surveillance (vidéoprotection, gardiennage). Si votre situation de stationnement évolue – par exemple, vous emménagez dans une résidence avec parking fermé – il est utile d’en informer votre assureur. Ce simple changement peut parfois permettre d’obtenir une légère réduction de prime, tout en renforçant la protection de votre véhicule.

Les mécanismes de tarification actuarielle des compagnies d’assurance

Derrière tous ces critères individuels se cachent des mécanismes de calcul sophistiqués élaborés par les actuaires des compagnies. Leur mission consiste à transformer une multitude de données (profils, véhicules, sinistres passés, contexte économique) en grilles tarifaires cohérentes et équilibrées. En quelque sorte, ils construisent la « recette » qui permet d’aboutir au montant final de votre cotisation d’assurance auto, tout en garantissant la solidité financière de l’assureur sur le long terme.

Les tables de mortalité et statistiques de sinistralité par segment

À l’image des tables de mortalité utilisées en assurance vie, les assureurs auto s’appuient sur des statistiques de sinistralité extrêmement détaillées. Pour chaque segment de clientèle (jeunes conducteurs, familles, seniors, professionnels, etc.) et pour chaque type de véhicule, ils connaissent la fréquence moyenne des accidents, le coût moyen des réparations, la probabilité de sinistre corporel, ou encore le taux de vols déclarés.

Ces données sont régulièrement mises à jour à partir des sinistres réellement survenus au sein du portefeuille de la compagnie, mais aussi de bases nationales agrégées. Lorsqu’ils observent, par exemple, une augmentation progressive du coût moyen des réparations pour une certaine catégorie de véhicules (en raison de l’électronique embarquée), ils ajustent les tarifs correspondants. C’est un peu comme un baromètre permanent : si la pression des sinistres monte sur un segment donné, la cotisation d’assurance auto associée aura tendance à suivre.

Le scoring et la segmentation algorithmique des risques

Pour passer de ces grandes tendances statistiques à un prix personnalisé, les assureurs utilisent des modèles de scoring et de segmentation. Chaque critère que vous renseignez à la souscription (âge, ancienneté du permis, code postal, type de véhicule, usage, etc.) reçoit un « poids » dans l’algorithme. En combinant ces éléments, le système calcule un score de risque global qui se traduit ensuite en tarif. Deux assurés peuvent ainsi avoir un même bonus-malus, mais des scores et donc des primes différentes en fonction de leur contexte global.

Avec le développement de l’intelligence artificielle et du machine learning, ces modèles deviennent de plus en plus fins. Ils peuvent, par exemple, détecter des corrélations entre certains profils et types de sinistres, invisibles à l’œil nu. Cela permet d’ajuster précisément la cotisation d’assurance auto à chaque segment, mais pose aussi des questions de transparence : le régulateur veille à ce que la segmentation ne devienne pas discriminatoire (interdiction de tarifer selon le sexe, encadrement de certains critères sensibles, etc.).

Les provisions techniques et la mutualisation des primes

Enfin, la tarification ne vise pas seulement à couvrir les sinistres attendus pour l’année en cours. Les assureurs doivent également constituer des provisions techniques, c’est-à-dire des réserves financières destinées à régler les sinistres futurs, parfois déclarés plusieurs années après l’accident (notamment en cas de dommages corporels graves). Une partie de votre cotisation d’assurance auto alimente donc ce « coussin de sécurité » collectif.

Ce mécanisme illustre le principe de mutualisation : les primes de tous les assurés forment un pot commun dans lequel l’assureur puise pour indemniser ceux qui subissent un sinistre. Si, dans une année donnée, les événements sont plus graves ou plus nombreux que prévu (hivers rigoureux, hausse des accidents corporels, inflation sur les pièces détachées), les provisions peuvent être mises à contribution et les tarifs réajustés l’année suivante. L’objectif est d’assurer, sur la durée, l’équilibre entre cotisations encaissées et indemnités versées.

Les franchises contractuelles et options de personnalisation tarifaire

Dernier levier, et non des moindres : le niveau de franchise et les options de personnalisation que vous choisissez. La franchise correspond au montant qui reste à votre charge en cas de sinistre, avant l’intervention de l’assureur. En jouant sur ce paramètre, vous acceptez de prendre à votre compte une partie du risque, en échange d’une cotisation d’assurance auto généralement plus basse.

Concrètement, plus la franchise est élevée (par exemple 500 € au lieu de 150 €), plus la prime diminue, car l’assureur sait qu’il indemnisera moins de « petits sinistres ». À l’inverse, une franchise très faible ou nulle entraîne une majoration de la cotisation, mais vous protège mieux sur le plan financier au moindre incident. Le bon niveau dépend de votre budget, de la valeur de votre véhicule et de votre tolérance au risque. Comme pour une « participation » dans un contrat santé, il s’agit de trouver le point d’équilibre entre coût annuel et reste à charge ponctuel.

Au-delà des franchises, de nombreuses options permettent de personnaliser votre contrat : rachat de franchise dans certains cas (bris de glace, vol), extension de garantie au conducteur secondaire, ajout d’une assistance renforcée, couverture des accessoires et aménagements (jantes, sono, attelage), etc. Chacune de ces briques a un coût, mais vous pouvez composer une protection sur mesure qui colle à votre usage réel. En comprenant comment ces choix techniques se traduisent en euros sur votre avis d’échéance, vous disposez de tous les outils pour ajuster, comparer et, au besoin, renégocier votre cotisation d’assurance auto.

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